Il faut bien l’avouer, la vie d’un chroniqueur album n’est pas toujours facile… et c’est d’autant plus compliqué quand son Big Boss (ici donc, notre diva et animateur préféré Pierre, que vous retrouvez du mardi au vendredi de 17h à 19h sur RSTLSS, oui je balance) vous demande d’écrire sur son album coup de coeur « Lux Prima », collaboration entre Karen O, la chanteuse incontournable des Yeah Yeah Yeahs, et le producteur de « génie » Danger Mouse. À première vue, les expérimentations studios d’une icône Indie rock new-yorkaise qui n’a pas fait des étincelles avec son dernier projet solo et le producteur branché du moment connu pour avoir bossé avec les Black Keys et Gnarls Barkley… on est d’accord, ça fait pas spécialement band*r, heuuu je veux dire rêver. Mais des fois, la première impression n’est pas forcément la bonne et dans cette histoire je suis plutôt contente d’avoir mis mes a prioris de côté et de m’être lancé dans la découverte de ce fameux « Lux Prima » !

Ce disque est déroutant. Si vous êtes fans de la grande époque des Yeah Yeahs Yeahs ou encore de rock énervé, il se peut que ces 40 min vous fasses un peu chier. Mais si vous êtes curieux et pas contre un peu de douceur, alors là oui, vous allez prendre votre pied ! « Lux Prima » est un projet qui semble avoir été pensé comme une bande-son de film. Ici, Karen O et Danger Mouse nous offrent un voyage psychédélique à la sauce Pink Floyd voir Massive Attack, et nous embarquent dans un univers froid et onirique proche d’un certain Lynch. Rien que le titre d’intro nous plonge directement dans le bain, un instrumental de 9min avec des synthés vaporeux et une ambiance psyché 70’s. S’ensuivent dans la même lignée « Ministry » et le rock spatial de « Redeemer » (une sorte de « Life On Mars 2.0 »). Mais ce disque est aussi surprenant, notamment avec des titres plus catchy : avec « Turn The Light », le duo nous balance une rythmique disco sensuelle, sur « Woman » on est sur le titre rock de l’album (et mon préféré) où l’on retrouve les côtés piquants et sexys de la charismatique Karen O. On est aussi scotché par l’orchestration aérienne de « Drown » et on se laisse porter sans broncher par « Reveries », une ballade tout de luxe, calme et volupté qu’on aurait bien vu dans la BO de « Drive » ou de « Twin Peaks ».

« Lux Prima » est clairement une belle réussite. Je ne sais pas si cela vient de l’aura (et de la voix) de Karen O, de la production subtile et aérienne de Danger Mouse ou tout simplement l’alliance des deux mais ce disque a ce petit quelque chose qui nous tient et nous berce, sans voir les minutes défilées. Un beau voyage entre space rock et psyché des 70’s… vous pouvez y aller les yeux fermés les chatons, vous n’allez pas être déçus. Parfait à écouter après une journée de taf bien relou, posé dans son canap’ avec un petit verre.