Aller au contenu
RSTLSS dans la poche.Radio, podcasts, vidéos — zéro répit.App Store ↗Google Play ↗RSTLSS dans la poche.Radio, podcasts, vidéos — zéro répit.App Store ↗Google Play ↗RSTLSS dans la poche.Radio, podcasts, vidéos — zéro répit.App Store ↗Google Play ↗RSTLSS dans la poche.Radio, podcasts, vidéos — zéro répit.App Store ↗Google Play ↗
SZIGET ’26: Evolution, retour aux sources, transition?
News27 septembre 2026 · 8 min de lecture

SZIGET ’26: Evolution, retour aux sources, transition?

Après plusieurs semaines d’instabilité et de questionnements concernant l’avenir et l’existence même du festival insulaire le plus connu d’Europe en automne 2025, l’île de la liberté est bel et bien de retour cette année, mais pas n’importe comment…

Fondateur historique du festival, Károly Gerendai a repris les rennes sauvant le festival in extremis, après que le précédent propriétaire, la société Superstruct Entertainment elle-même rachetée par le fond d’investissement américain KKR avait décidé de stopper ses activités en Hongrie, mais également de purement et simplement arrêter le festival, celui-ci étant devenu déficitaire au cours des dernières années.

Le constat était clair dès le départ du côté des organisateurs du festival, comme ils l’indiquent dans une interview donnée au média Hongrois Telex dans le cadre de l’émission « After »:

  • L’édition est organisée en retard, avec une billetterie arrivant près de 4 mois après les dates habituelles
  • Les headliners principaux sont déjà bookés ou sont en cours de booking par les autres festivals Européens, ainsi le choix des headliners de cette année se réduit progressivement.
  • Malgré une solution apparente trouvée avec la mairie de Budapest et des investisseurs trouvés, l’édition de cette année étant faite en urgence absolue, ils s’attendent à ne pas faire de bénéfices mais à simplement ne pas être en déficit.

Prenant en compte toutes ces conditions, nous sommes donc en droit de se demander si l’édition de cette année était un retour aux sources, une évolution vers quelque chose de nouveau ou tout simplement une année de transition quelque peu expérimentale, tant dans la programmation musicale qu’extra-musicale et l’infrastructure du festival…

Concernant la programmation musicale, parmi les Headliners on a pu voir défiler des réguliers comme Florence + The Machine ou Skrillex, mais également être témoin de prises de risques dans des cas comme Twenty One Pilots et surtout Bring Me The Horizon, moins populaires en Hongrie que les autres et où l’on pourrait sans doute croire à un pari sur le public étranger.

Quand on en vient au line-up complet on constate effectivement un retour en force des styles alternatifs et surtout du Metal qui se sont peu à peu rarifiés voire ont carrément disparu des line-ups durant les années où Superstruct était derrière le festival:

Que ça soient les performances de Kim Dracula ou de Lambrini Girls sur la 2nde plus grande scène du festival (Revolut Stage) ou la présence d’artistes comme HEALTH, Perturbator ou même Annisokay sur la scène très internationale « The Buzz » (Delivered by DHL), en passant par tous les artistes Hongrois comme LAZARVS s’imposant de plus en plus comme un headliner Metal made in Hungary, AWS qui est très certainement le projet Metalcore le plus populaire du pays ou encore Tankcsapda, groupe culte venu jouer leur premier album en intégralité dans un show exclusif au Sziget, ou tout simplement le fait que nous avons eu droit à du Metalcore saupoudré de Deathcore en mainstage avec Bring Me The Horizon, il est indéniable que cette édition était bien plus Metal et Alternative que ce qu’on a l’habitude de voir sur l’Island of Freedom dernièrement et n’en déplaise à certains, le public Metal Hongrois et même international en était particulièrement réjouis et à juste titre!

Tous les shows cités étaient excellents, particulièrement:

Bring Me The Horizon qui a profité de cette dernière performance de l’été 2026 pour inaugurer sa nouvelle set-list, en prenant ainsi le risque d’ouvrir leur set headline d’un festival généraliste avec « Dehumanized », leur dernière nouveauté Deathcore, ce qui a été plus que surprenant!
Annisokay a su directement prendre le relai en continuant à faire bouger les fans de Metalcore ayant toujours du souffle à 23 heures même après plus d’une heure de BMTH.


Kim Dracula et Lambrini Girls ont déclenché des wall of deaths et des pits faisant le tour des réseaux et des médias locaux, même pendant qu’un headliner jouait en mainstage ou en plein après-midi!

Quant à AWS et LAZARVS, ils ont su rallier le public international venu pour BMTH qui ont ainsi pu s’échauffer lors des nombreux circle-pits tout en découvrant l’énergie et la passion de la scène Metal locale, le temps d’un après-midi!

On peut également noter la perpétuation et l’amélioration du « Delta District », un espace avec 3 scènes entièrement dédiées aux musiques électroniques, inaugurée en 2025 où une précédente scène a été remplacée par la « Bolt Night Stage », bien plus impressionnante visuellement, mais permettant également d’accueillir plus de gens. Dans ce même espace, la scène appelée « The Club » a quand a lui été renommée « Arzenál x Turbina: Der Klub » en hommage à la scène Berlinoise évidemment, mais surtout faite en collaboration avec 2 grands clubs de la scène EDM underground de Budapest: Arzenál et Turbina.

En matière de collaboration l’île accueille également une autre nouvelle scène cette année: la Budapest Park Stage by Johnnie Walker. Organisée en collaboration avec Budapest Park, la plus grande scène de concert extérieure de la ville, c’est une nouvelle scène à la programmation 100% Hongroise où se sont produits notamment LAZARVS et AWS parmi les artistes Metal.

Inclure les scènes et clubs de la capitale Hongroise est une vraie bonne décision, étant donné que même si le Sziget est le festival n°1 en Hongrie et est même dans le top 10 des festivals Européens, le reste de l’année ce sont tous ces lieux culturels qui font vivre la musique dans la capitale, quel que soit le style.

Du côté musical en prenant en compte la diversité et les prises de risques dans le le line-up ne serait-ce qu’à travers le retour du Metal qu’on observe, on peut parler d’une vraie évolution, qui reprend la mentalité de la programmation vue à l’époque pré-Superstruct du Sziget, mais en le poussant encore plus loin.

Côté extra-musical on perçoit également un vrai effort avec la création de nouveaux espaces comme Le Grand Théâtre destiné à la danse contemporaine et autres spectacles vivants, la Mobilis destinée à différentes performances et ateliers ou encore le Dôme, salle à double concept: salle théâtrale la journée, mais expérience audiovisuelle immersive la nuit.
Il y a également certains espaces qui malgré leurs précédentes apparitions ont fait peau-neuve, comme The Joker, salle accueillant entre autres de la magie et du stand-up.

Ces évolutions des scènes extra-musicales séduisent également vu qu’elles permettent à un public bien plus large de profiter du festival, ne limitant ainsi pas le festival à la musique mais proposant également aussi différentes autres formes d’arts et d’activités parfois plus familiales ou interactives.

C’est malheureusement du côté des infrastructures que l’organisation express de cette édition se fait le plus ressentir:

  • Malgré le nombre de visiteurs moins élevé que ce qui était attendu (Environ 360 000 au lieu des 400 000 attendus) l’accès principal du festival se faisant à travers le « Pont K » et celui ci étant dans un état nécessitant des rénovations (programmées pour commencer après la fin du festival de cette année), l’entrée était souvent contrôlée et stoppée le soir, vu que l’état du pont imposait une capacité maximale.
  • Malgré certaines scènes couvertes et un vrai effort de fait sur les points d’ombres, la sécheresse extrême de cet été Hongrois se faisait ressentir au plus haut point durant le festival à travers la poussière omniprésente et amplifiée par l’absence d’herbe sur la plupart du site, même si un sauvetage à base d’arrosage a été tenté à certains endroits, mais aussi par le trop peu de points d’eau présents sur le site: beaucoup trop espacés de certaines scènes, on se retrouve vite loin de tous les points d’eau, avec évidemment bien plus de bars, mais qui eux ne servent que de l’eau minérale et ne peuvent pas remplir vos gourdes ou bouteilles.

Lors d’une intervention dans les médias nationaux Hongrois, Károly Gerendai a affirmé qu’un accord a été trouvé avec la mairie de Budapest et que 2 puits seront creusés sur l’île afin de faciliter l’arrosage du parc durant toute l’année, y compris la durée du festival donc. Une piste à surveiller tout comme la rénovation du « Pont K », car ça pourrait bien être des points importants qui amélioreraient nettement le ressenti des visiteurs lors de leur venue sur l’île de la liberté l’année prochaine! Ca permettra peut être également de remotiver la population de Hongroise à repasser sur l’île, malgré le fait que pour eux les tarifs (des billets comme des consos sur place) sont toujours extrêmement chers compte tenu des revenus locaux, même s’ils représentaient tout de même 53% des visiteurs cette année.

Cette édition présentée comme étant faite dans l’urgence est réussie si l’on prend en compte les conditions et les antécédents. Néanmoins si le Sziget peut faire un festival aussi qualitatif, riche et varié en si peu de temps et avec un chemin autant semé d’embuches, l’édition prochaine ne peut et ne doit être que meilleure, surtout quand on en vient aux infrastructures et aux conditions de séjour sur l’île. Il serait essentiel selon de nombreux visiteurs interrogés de rattraper le retard cumulé sur ces fronts, tout en gardant le bon et en le poussant encore plus loin, avec (comme souligné par une partie du public) pourquoi pas une transformation complète en zones par styles musicaux comme c’est déjà le cas avec la Delta District (pour l’EDM) et la Dropyard (pour le Hip-Hop et les musiques urbaines)…

Croisons donc les doigts pour une scène Rock et Metal pour le Sziget 2027!

Marcell

À lire aussi