Quand il s’agit d’aller voir un concert de musiques extrêmes dans le sud de la capitale, deux noms de salles reviennent particulièrement souvent : respectivement à Savigny-Le-Temple et à Ris-Orangis, L’Empreinte et Le Plan co-organisaient la troisième édition de leur festival commun, le WE Metal Fest ! Le temps d’un week-end, les deux scènes du Plan ont vu une quinzaine de groupes de toutes notoriétés confondues. Si malheureusement, j’ai raté la journée de samedi qui pourtant annonçait que de bons concerts en perspective (Rise Of The Northstar, Ten56., Revnoir, Spleen, DOWNTERRA…), je n’ai pas fauté le dimanche et suis descendu à Ris-Orangis pour une après-midi toute en douceur !

À peine après avoir passé la sécurité, on est tout de suite pris par l’atmosphère du festival. À l’extérieur du Plan, on retrouve quelques spectateurs qui flânent au soleil entre les foodtrucks et les exposants, on y croise quelques têtes familières comme Flo et Bakared qui géraient tout ce week-end le live stream de l’événement (lien en fin d’article). L’ambiance est bonne enfant alors qu’à l’intérieur, la Grande Salle chauffe déjà, le fer battu par Septaria, quatuor du Vaucluse. Leur death metal progressif très contemplatif est parfait ouverture pour lancer cette journée, mélangeant plans de guitare cleans noyés dans la reverb et riffs magmatiques à la fois visqueux et incandescents ! Belle découverte pour beaucoup de festivaliers !

D’une salle à une autre, on enchaîne au Club avec Përl, encore un quatuor mais cette fois-ci de post-metal très poétique ! Sur scène, des sphères lumineuses révèlent petit à petit le groupe qui fait son retour sur scène après une absence de plusieurs mois pour raisons de problèmes de santé de leur chanteuse Aline. L’ambiance est onirique, on est rapidement envoûtés par les textes jouant avec l’imaginaire, presque lovecraftiens dans l’âme ! Et pour palier aux difficultés pour chanter de la vocaliste, le groupe avait prévu des invités et ré-adapté son set ; un beau tour de force qui nous a bien fait profiter de leur lyrisme !

Ambiance autrement moins poétique mais bien plus festive dans la Grande Salle où se préparent les franciliens de LocoMuerte sous un conglomérat de titres de soca dance. Le groupe de crossover ‘chicanos’ était très attendu et n’a pas manqué de mettre en mouvement le pit. Les quatres cavaliers de la machine trash-punk proposent toujours un show frénétique, comme touchés par un fièvre latino qui les font exploser d’énergie. Mise en scène ensanglantée, surf de crocodiles et public sur scène étaient au rendez-vous, les locaux de LocoMuerte ont retourné la Grande Salle en bonne et due forme !

Kill The Princess prend la suite des événements dans le Club en amenant leur rock alternatif pour tempérer un peu la programmation ! Les quatres -décidément- musiciennes leadées par Nel offrent une performance sincère et maîtrisée, parfois teintée de quelques screams qui viennent envenimer le son bien moins agressif face au reste de la line up .Malgré tout, on a eu le droit à un joli wall of death et pogo dans la petite salle de 200 places !

Pendant ce temps là, à l’extérieur, on pouvait croiser bon nombre de festivaliers marqués de la main noir de Mantis, annonçant que le grand œil allait commencer son office dans la Grande Salle. Dans le noir le plus total, une nappe électronique vient rompre le silence, les différents personnages originaires de Great Eye Corp. prennent place sur scène suivi de près par leur frontman au chapeau melon. Shaârghot est de ces groupes qui ne déçoivent jamais : la scénographie, les costumes, les artifices font de chaque représentation un moment culte ! Qu’on aime ou non le metal indus, voir Shaârghot, c’est voir un épisode sombre et sulfureux d’une série de science-fiction post-apocalyptique ; la performance est marquante, prenante, fédératrice.

Manque de temps, j’ai manqué le passage de Furies (heavy metal) et Lofofora (crossover), mais pas d’inquiétudes, le WE Metal Fest avait prévu le coup en proposant un live stream en collaboration avec Outcasts qui inclut captation en direct et interview. De quoi se rattraper si comme moi vous avez raté un concert, voire toute la journée ! En bref, le WE Metal Fest fait le très bon choix de proposer une programmation très agressive et moderne le samedi, offrant en contrepartie un dimanche plus éclectique et spectaculaire avec une ambiance moins suffocante et plus bon enfant. Et c’est un choix qui paie, on ne peut que vous recommander de suivre leurs actualités pour ne pas manquer la prochaine édition !
Article et photos : Youenn Lerb pour RSTLSS




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