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Qui aurait cru qu’un soir de finale de Ligue des Champions, un milliers d’âmes se réuniraient à Saint-Cyr-Sur-Loire, ville mitoyenne de Tours, délaissant le football pour le métal moderne ? Le 29 Mai, de 14h à minuit, c’est plus de 1100 spectateurs qui ont pu vivre la 3e édition du Artificial Waves Festival, dont la line-up était particulièrement alléchante ! Vous n’y étiez pas ? Laissez-nous vous convaincre de ne pas rater ce festival en 2027.

 

Le soleil est au zénith quand les portes de l’Escale de Saint-Cyr ouvrent à 14h. Un grand nombre de festivaliers s’engouffrent dans l’entrée de la salle pour enfin fuir la chaleur étouffante du dehors si bien que la température monte rapidement à l’intérieur. Les coursives sont envahies par le public qui profite avant même le début des shows de pouvoir trouver une nouvelle pièce de merch ou de saisir une boisson fraîche à partager avec les bénévoles !

À l’intérieur de la salle, la température est plus fraîche mais pas pour longtemps : Tyrants Breaker envoient le silence en éclat en ouvrant le festival solidement avec ‘Ruthless’. Il ne faut pas plus de quelques secondes de blast pour que la foule se mette en mouvement. Grosse énergie sur scène, grosse énergie dans la fosse, le deathcore suffocant du quatuor fait monter le thermomètre prestement.

Découverte agréable, car Tyrants Breaker ont beau avoir un certain nombre de sorties à leur actif, il ne s’agissait que de leur deuxième concert depuis leurs débuts. Pourtant, le show est intense, le jeu de scène est millimétré, le quatuor place très la barre pour les autres groupes de la journée. Les hommes de Vic Zambon terminent avec trois titres inédits un set robuste qui lance cette 3e édition en grande pompe !

 

Après un court passage à l’extérieur pour essayer de trouver un endroit plus frais, ce sont les montpelliérains de Sunborn et leur metalcore plus nostalgique et électronique qui prennent d’assaut la scène. Ayant marqué les esprits et les réseaux avec leur esthétique épurée, leur visages masqués par des voiles et leurs titres oscillant entre refrain vaporeux et breakdowns profonds, le quatuor était très attendu !

Et ces breakdowns, il vont à plusieurs reprises ouvrir la fosse en deux, déclencher des wall of death et des moshpits effrénés, à se demander si la foule est encore sensible à la chaleur. Les titres s’enchaînent, les mélodies de ‘DIGITAL_LOVE’ et ‘Glacier’ sont reprises en cœur par les festivaliers, les drops s’intensifient. Dans une ambiance caniculaire et obscure, Sunborn retourne l’Escale en bonne et due forme.

 

Après les vagues électroniques atmosphériques, c’est la noirceur suffocante de SOLITARIS qui vient mettre à l’épreuve la fatigue du public. D’un groupe masqué à un autre, l’ambiance change quant à elle complètement. On chute avec le quatuor parisien dans les tréfonds du deathcore moderne, de la violence à l’état pur qui semble parfois s’aérer pour laisser entrevoir la lumière avant de mieux annihiler tout espoir de répit.

Pas une pause, pas une ; le set se déroule d’une traite, passant par les titres emblématiques comme ‘Tarnished’ mais surtout déroulant une grande partie du dernier EP Nahar. Une telle agressivité ne laisse pas le public de l’Artificial Waves qui relève lui aussi l’impétuosité d’un niveau. Les parisiens ferment leur set avec ‘Aira’ assénant une dernière fois leur furie sur la fosse.

 

À mi-parcours de la journée, on pouvait déjà ressentir de la fatigue tant la chaleur écrasante de la salle était intense, les rares moments passés à l’extérieur étant sous un soleil de plomb. Il fallait un vent de fraîcheur pour redonner de l’énergie aux festivaliers, et ce vent venait de l’est : les allemands d’AVRALIZE font une entrée fracassante et requinque la fosse qui s’était bien calmée après SOLITARIS.

L’ambiance est électrique et dansante, le metalcore groovy mêlé aux influences futuristic fusion des hommes de Severin Sailer mettent la salle en mouvement, si bien que la sécurité est débordée par le nombre de personnes à crowd-surf pendant le set. Moment mémorable : à la fin du titre ‘bite my tongue’, alors qu’un festivalier à réussi se tenir debout porté par d’autres, il disparaît après le build up latino qui annonce le breakdown final du morceau. Morale, personne ne résiste au groove d’AVRALIZE.

 

Set tout aussi marquant, c’est celui de The Narrator qui leur emboîte le pas ! Là encore, le groupe était plutôt attendu car les passages en France sont rares, le dernier en date ayant été les deux premiers concerts dans l’hexagone au côté d’Annisokay. Droit au but, le metalcore de The Narrator est sulfureux et primaire, eux même considère être à la frontière avec le hardcore.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le public a bien saisi l’énergie des rhénans et lui a rendu honneur. La foule agit comme la houle sans relâche, ne cesse d’être en mouvement et se divise en deux l’occasion du premier featuring de la journée puisque Severin Sailer rejoint le quatuor allemand sur scène pour ‘Statis’, single issu de leur dernier album Phosphor. Un wall of death qui prend l’ensemble de la longueur de la l’Escale et qui restera dans les mémoires.

 

Pour finir en beauté, la scène reste allemande avec Elwood Stray et leur modern metalcore incisif. Rapidement, on a le droit au deuxième featuring de la soirée avec le retour de Sam Axelrod de The Narrator pour le titre ‘No Cure’, et à partir de celui-ci, l’escalade à l’agressivité. Si Elwood Stray sont particulièrement connus pour leurs shows dynamiques et heavy, celui de l’Artificial Waves a été particulièrement lourd et virulent.

Venus défendre leur dernier album Descending, la bande de Fabien Petz ont marqué par leur présence scénique et leur générosité. Jusqu’à la dernière seconde, le quintet a invité le public à ne jamais être statique et même après 6 concerts déjà bien éprouvant, la foule a répondu présente et a donné le bout de son énergie.

 

L’Artificial Waves a conforté sa position de festival spécialisé très prometteur avec cette troisième édition certes éreintante à cause de la canicule mais surtout exceptionnellement bien conçue, tant pour la line-up que pour la gestion des espaces et des timings. Six concerts mémorables d’artistes émergeant pour certains, confirmés et renommés pour d’autres, et ce pour un prix modeste permettant aux festivaliers de pouvoir venir de loin et profiter d’une soirée metal moderne de grande envergure sans briser sa tirelire. Un choix judicieux pour ouvrir la saison des festivals en 2027 !

Youenn Lerb pour RSTLSS
plus de photos : @youennlerb

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