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Vêtu d’un uniforme victorien, droit, la tête légèrement penchée, il vous intrigue. Ses yeux blanc crème comme les pétales de cerisier qu’il tient dans ses mains transpercent votre esprit, vous séduisent mystérieusement. Vous êtes face à St. Negus, le Saint Roi, un aède bien singulier entremêlant lutte collective et regard intérieur, émotion et animalité. C’est sous ce nom que Nagui Mehany, guitariste des Dust Lovers et de Laurent Marion, lance son projet solo 5 ans après en avoir fait naître les premières notes. Ce 27 mars, un premier single est dévoilé, ‘GOLD VEINS’, posant immédiatement les bases de l’univers du musicien francilien.

Dès les premières secondes, le souffle de l’ampli à lampe et les premières notes donnent le ton. On retrouve la couleur flirtant entre le stoner et le heavy blues que Nagui maîtrise depuis des années aux côtés de Dust Lovers. Le riff entraînant, doublé par une basse au fuzz épais et soutenu par le jeu massif de Jérémy Norris (Fuzzy Vox) à la batterie, amène rapidement à deux couplets et refrains habités par la voix crunchy, vive et captivante de Nagui, se promenant entre textes scandés et vocalises obsédantes. Galvanisé par l’énergie qui le soutient, St. Negus crache aux oreilles des méprisants et de ses détracteurs du passé des paroles puissantes appuyant une prise de position ferme autour de la discrimination et du racisme tout en laissant entendre que ces stigmates nourrissent sa force et sa voix, en témoignent les paroles du prérefrain : “They see me walk like Django ; I see them pissed like gringos. Une rupture vient donner un peu d’air et de place à un solo de guitare puis un pont ajoutant explosivité et persévérance, comme une dernière bataille avant le retour final du riff d’introduction. Le résultat est à la fois crasseux et cristallin, ce grâce au travail soigné de l’artiste avec les brillants Nicolas César (record/mix), Christophe Hogommat (ex-Dust Lovers) et Tom Gardner (Cigarettes After Sex, record des basses).

 

 

Alors qu’attendre de St. Negus dans les temps à venir ? Plus de morceaux dans la lignée des Queens Of The Stone Age, Jack White, Lenny Kravitz, Royal Blood bien sûr, mais avec une originalité bien particulière : tous les morceaux ne sont pas chantés en anglais, Nagui emploie aussi une autre de ses langues maternelles, l’arabe, pour les titres les plus personnels. Si les notes ensorcelantes de ‘GOLD VEINS’ vous ont séduites, vous serez heureux·ses d’apprendre que deux autres singles ‘SHANGAI’ et ‘HARIB DAYE’ sont à paraître au printemps 2026, accompagnés d’un passage à Rouen le 20 mars au Fury Bar avec le groupe The Twin Souls puis les 22, 23, et 24 mai au Art Rock Festival de Saint Brieuc. Probablement une nouvelle idole rock à suivre de près !

Youenn Lerb pour RSTLSS