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A l’occasion de la sortie du 8ème album TRUTH DECAY, le groupe de WEYBRIDGE, UK, nous a rendu visite pour une session acoustique exclusive et pour répondre à quelques unes de nos questions.

Avant de tout vous dévoiler, sachez qu’ils sont d’une grande sympathie, vrais et qu’ils ont beaucoup d’humour et d’empathie.

Allez, place à l’interview de JOSH le chanteur du groupe. Bonne lecture.

RSTLSS : Hello comment ça va ? Content d’être à PARIS ?

Josh : Hello, ça va super ! Oui je suis très content d’être à Paris, on est toujours content d’être ici. On a marché ce matin et on a pris le métro, c’est très sympa.

RSTLSS : Tu aimes bien prendre le métro ?

Josh : C’est comme prendre le Tube à Londres, mais différent en même temps ! Ça nous permet de mieux nous rendre compte de l’atmosphère de la ville quand on prend les transports en commun.

RSTLSS : Vous avez eu le temps d’un peu vous balader ?

Josh : Je ne sais pas si on va avoir le temps aujourd’hui. On va dans un bar après pour faire des interviews, ça a l’air super cool. On ira peut-être là-bas à pied si on a le temps. Je suis venu à Paris en juin dernier pour voir des amis faire un concert, donc j’ai un peu pu me balader à ce moment-là.

RSTLSS : Ça veut dire qu’on peut te croiser dans des salles de concert à Paris ?

Josh : Oui, absolument !

RSTLSS : Vous avez un nouvel album qui sort en janvier. Ma première question est un peu délicate. Après avoir écouté l’album et avoir regardé le titre des chansons, j’ai un peu l’impression que c’est un album de rupture. C’est le cas ?

Josh : Non pas du tout, les paroles de You Me At Six sont comme un journal intime perpétuel. Lorsqu’on a commencé à faire cet album, la première chanson qu’on a fait était DEEP CUTS. Je ne savais pas trop dans quelle direction aller avec mon écriture. J’ai commencé par parler de deux de mes meilleurs amis. Un d’eux était dans une mauvaise relation, et l’autre cherchait sa voie à Londres, ils se sentaient tous les deux vides et perdus. J’ai écrit cette chanson pour eux, pour qu’ils se voient comment nous, leurs amis et familles, on les voit et leur montrer qu’on les apprécions pour ce qu’ils sont. Ça m’a permis d’amener mon écriture vers d’autres sujets non explorés, qui sortent du schéma classique « fille / garçon ». Il y a aussi certaines chansons sur l’album qui font écho au passé. Mais pour répondre à ta question, il est difficile de faire un album de rupture lorsqu’on est dans une relation heureuse, sinon j’aurais des problèmes haha.

RSTLSS : Quand est-ce que l’album a été composé ?

Josh : Ça a commencé en novembre / décembre 2021. On a fait des voyages consacrés à l’écriture, et je pense que ce qui est vraiment ressorti de ça, c’est qu’on a pris le temps de nous poser et on a essayé de comprendre ce que représente You Me At Six pour nous et pour les autres. Car en vérité sur les derniers albums, on s’est challengé en essayant de pousser notre musique vers des genres différents, nouveaux. C’était des phases où on écoutait de la Dance Music, beaucoup de hip-hop, des genres différents quoi… Et c’est difficile d’empêcher ces influences de se retrouver dans sa propre musique. Pour cet album, on a beaucoup parlé de l’identité du groupe, de ce que représente l’idée d’identité et du thème de l’album. À travers ces différentes conversations, nous sommes tous tombés d’accord sur le fait que nous avons encore beaucoup de choses en commun avec nos anciens albums, tout comme nos fans d’ailleurs. Nous avions donc presque envie de faire un album rétrospectif de You Me At Six. Je pense que c’est la raison pour laquelle on entend beaucoup de sonorités « old school » de You Me At Six mais enrichies d’une manière nouvelle et captivante. On a également regardé comment les groupes autour de nous se présentent, comme Architects par exemple, on sait que c’est le meilleur groupe britannique de metalcore du moment, on sait que pour Foals, c’est le meilleur groupe indie. Qui sommes-nous alors ? SUCKAPUNCH est un album très varié qui propose beaucoup de choses, mais on dirait dix groupes différents. C’est ce qui lui donne autant de force, mais avec cet album nous voulions faire quelque chose qui disait You Me At Six est le meilleur groupe d’émo rock et c’est ce que nous avons réussi à faire. En plus, grâce à ça, on s’est beaucoup amusé en travaillant ensemble, à chacun contribuer à son niveau sur l’album. Même lorsqu’on est parti enregistrer à Santorin, nous avons passé énormément de temps ensemble à ré écouter les chansons avec lesquelles nous avions grandi. Quand tu penses au passé avec nostalgie, il est impossible que ça ne finisse pas sur ton album. Pour moi Truth Decay est vraiment un album très important pour You Me At Six, car il établit vraiment qui nous sommes, d’où nous venons, et tout ça à une période où on aurait pu être perdu, ou on aurait pu se perdre. Je pense que cet album nous a vraiment donné un but.

 

RSTLSS : De parler du passé émo, ça me rappelle lorsque j’avais une mèche et surtout, ça me rappelle que maintenant je n’ai plus de cheveux et que je ne peux donc plus me faire de mèche…hahaha (Pierre).

Josh : Moi aussi !

RSTLSS : Justement, lorsque j’ai écouté l’album pour la première fois, j’ai eu cette sensation d’un grand mélange de genres musicaux. Est-ce qu’il y a une influence de choses récemment sorties ?

Josh : Je pense que oui, mais nous avons également écouté beaucoup des vieilles chansons de You Me At Six et je pense que ça a ouvert la porte pour ce mix de genres. Je pense que c’est un mix des groupes avec lesquels nous avons grandi, Blink 182, Taking Back Sunday, Fall Out Boy, mais aussi ce que nous considérons comme du old school emo et le fait que nous sommes à une période où toute une génération de jeunes fans de musiques découvre My Chemical Romance. Ils ont 14 ans et se disent « qu’est-ce que c’est ? ». Je pense que le retour de ces groupes, My Chemical Romance, Paramore, Blink 182, et tous ces petits événements qui ramène le milieu émo à la vie, nous a fait nous rendre compte qu’on était au milieu de tout ça et qu’il fallait qu’on établisse qui nous sommes vraiment au travers de cet album. Vous entendrez beaucoup de moments où vous vous direz « J’ai l’impression qu’ils ont déjà fait ça » oui « on dirait que c’est un autre groupe », et c’est en fait un mélange des deux.

RSTLSS : Est-ce que comme pour un homme de 50 ans, le groupe est en train d’avoir une crise identitaire ?

Josh : Non (rire), car la crise de la cinquantaine c’est pour quand tu as la cinquantaine et que tu veux rester jeune, alors que nous avons fait tellement de choses en étant jeune que ça a formaté nos vies. Pour nous ce n’est pas essayé de récupérer quelque chose, comme notre jeunesse, c’est plus qu’on était très doués pour ça, et ça nous rendait très heureux. On n’en est pas à avoir envie d’acheter des voitures de luxe, divorcer, et sortir avec des jeunes de 18 ans, on veut juste faire de la musique comme on adore la faire. Ma crise de la cinquantaine va arriver un jour, mais j’ai encore quelques années, au moins une bonne dizaine !

 

RSTLSS : Une des chansons qui m’a beaucoup marquée sur l’album est heartLESS, j’ai l’impression qu’elle est très différente des autres. Qu’est que tu voulais faire transparaitre avec cette chanson ?

Josh : heartLESS est assez spéciale pour nous. Nous avons écrit cette chanson quand nous faisions SUCKAPUNCH en Thaïlande. C’est sûrement pour ça que cette chanson sort du lot, elle doit avoir ces éléments dance de l’album précédent. C’était difficile pour nous, car nous ne savions pas quoi faire avec. Nous l’avions depuis si longtemps, au moins 3 ou 4 ans. Et puis, quelqu’un de très proche de nous s’est retrouvé au milieu d’un divorce. Il commençait à ne plus être amoureux de la personne avec qui il était, tout en tombant amoureux de quelqu’un d’autre. J’ai donc pris ce vieux morceau et je l’ai réécrit pour qu’il raconte son histoire. C’était quelque chose d’intéressant à faire car tu retires ton histoire pour y mettre celle de quelqu’un d’autre. J’utilise souvent ma vulnérabilité dans ma musique, mais utiliser celle de quelqu’un d’autre et raconter son histoire, tu as la responsabilité de comment tout ça va ressortir et être perçue par le public. HeartLESS est sûrement une des chansons favorite du groupe sur notre nouvel album, car elle a une abondance d’émotions. Tu ressens à quel point ce sujet est intense. Je suis content qu’on n’est pas mis de côté cette chanson après autant de temps parce qu’en vrai, on aurait pu la jarreter. On a souvent fait, on a laissé beaucoup de chansons de côté. Là, heartLESS était également une des chansons préférées du producteur, c’est lui qui nous a demandé de la mettre sur l’album. Cette chanson a commencé à être écrite à Londres, elle est ensuite allée en Thaïlande, pour être finie à Santorin. C’est un voyage plutôt intéressant non ?

RSTLSS : Comment penses-tu que les fans vont réagir ?

Josh : J’ai arrêté de me poser la question pour être honnête. Si les fans vont ou pas apprécier. Tu peux t’imaginer différents scénarios sur comment les choses vont se passer, si telle ou telle chanson va être la meilleure de l’album ou pour le live… C’est un cycle de conneries sur lequel tu n’as aucun contrôle. Personnellement, j’espère que quand les gens vont écouter heartLESS, ils vont ressentir les émotions et pourront s’identifier par rapport aux relations dans lesquelles ils ont pu être, celle dans laquelle ils sont actuellement et s’ils se sentent perdus, si ils perdent espoir ou ne se sentent pas appréciés comme ils devraient l’être, tout en étant toujours autant amoureux de l’autre personne. Mais du coup c’est moi qui m’imagine un scénario de comment je voudrais que les gens ressentent la chanson. Tout ce qu’on veut, c’est que les gens trouvent quelque chose dans nos chansons qui leur permet de trouver de la joie, ou que ça les aide à traverser un moment difficile, ou s’approprier notre musique d’une quelconque manière tant que ça les rend heureux. Il n’y a rien de mieux que d’entendre quelqu’un te dire ce que ta chanson signifie pour eux beaucoup, qu’ils te racontent leur histoire par rapport à ta chanson. J’espère qu’avec heartLESS et l’album en général, les gens trouveront la paix en eux.

RSTLSS : J’ai aussi l’impression qu’il y a une coupure dans l’album à partir de heartLESS, j’ai l’impression que les chansons qui suivent sont plus dansantes. Est-ce que c’était voulu ? Une influence qui traine ?

Josh : Pour être honnête, je ne me souviens pas de l’ordre de l’album. Peut-être que c’était voulu. Je pense que ce qu’on essaye de faire avec notre ordre de chanson, c’est que les premières chansons lancent l’album, et ensuite dans la seconde moitié, si on a commencé par des chansons plus calmes, on essaye d’augmenter l’énergie. C’est peut-être ce dont tu es en train de parler mais honnêtement je ne sais plus.

RSTLSS : Vous avez également deux featurings sur l’album, une avec Rou Reynolds de Enter Shikari, et une avec Cody Frost. Comment la collaboration avec Rou a-t-elle vu le jour ?

Josh : Honnêtement, nous étions en train de composer No Future, on adorait la chanson, on avait l’impression d’aller dans la bonne direction, mais on s’est dit qu’une collaboration la rendrait encore mieux. Rou a cette sensibilité a travers la musique plus heavy, qui fait qu’il arrive à provoquer des émotions chez les autres qui les rendent énervés avec lui. C’est un de mes chanteurs favoris en Angleterre. Je l’ai juste appelé en lui disant qu’on avait cette chanson et qu’on aimerait l’avoir dessus. Il m’a envoyé un message vocal juste après en me disant qu’il était super content, que ça faisait longtemps qu’il attendait ça et il s’en est occupé dans la journée. Je pense qu’il y a un lien commun entre les fanbases de Enter Shikari et de You Me at Six. On s’est rassemblés à l’époque où l’on sortait de la musique sur My Space, on a joué avec eux quand on avait entre 14 et 15 ans, donc on a traîné ensemble pendant des années, on a beaucoup de respect les uns pour les autres.
Pour ce qui est de Cody Frost, j’ai tweeté en demandant aux fans qui ils soiuhaitaient voir en guest sur l’album et on a eu beaucoup de réponses sans suprirse « demandez à Dave Grohl, Hayley Williams, Oli Sykes… ». Mais en vrai, si ça avait dû arriver, ça aurait déjà été fait. Je cherchais plutôt des nouveau artistes dont je n’avais pas entendu parler et mon pote Matt m’a envoyé un message en me disant « Je travaille avec cette personne Cody, tu devrais t’y intéresser. » J’ai été subjugué en la découvrant et forcément, j’ai envoyé un message à Max. Il la connaissait déjà, je ne sais plus s’il a travaillé avec elle ou si il allait travailler avec elle, mais j’ai adoré sa voix, et je pense que la chanson sur laquelle elle est présente est tellement faite pour elle avec ce message pour les personnes qui sont en difficulté. Pareil, on a cette chanson depuis 2016. Je l’ai au départ écrite quand ma grand-mère est décédée. A ce moment-là je me disais d’y aller pas à pas car quand tu ne vas pas bien, il ne vaut mieux pas t’enterrer, te mettre dans cette mauvaise énergie. Alors j’ai su que la chanson allait évoluer et j’ai réécrit quelques couplets. C’est là aussi ou je me suis dit qu’il nous fallait quelqu’un en plus sur la chanson avec une voix qui allait la hanter, et je pense que Cody a cette capacité. Elle a une sacrée histoire et c’est une personne qui possède une incroyable énergie. Quand elle est venue au studio, elle ne s’arrêtait pas de parler. C’est ce qu’elle me disait : « quand je suis excitée, je ne peux pas m’empêcher de parler ! ». Ces deux collaborations sont avec des personnes vraiment sincères, par rapport à la musique et au groupe en général. On est très fières et contents de les avoir sur l’album.

RSTLSS : Est-ce qu’à votre âge et avec une telle carrière, on peut encore avoir un regard d’enfant sur la musique ?

Josh : Pour être honnête c’est difficile, car pour avoir cette « pureté » il ne faut pas avoir souffert. La vie t’apprend beaucoup et elle est là pour te blesser, te transformer… Je n’ai donc plus la possibilité de faire de la musique avec une innocence totale, mais le groupe et moi-même apprécions toujours la musique de cette manière. C’est quelque chose dont je suis fière, peu importe le nombre de fois où on a souffert, en 17ans de carrière nous gardons ce même amour de la musique qu’à nos débuts. Nos fans sont toujours des humains pour nous, et pas seulement des statistiques. C’est quelque chose qui aurait pu nous inquiéter plus jeune, est-ce que ça n’allait être que pour l’argent et la célébrité ? Heureusement on a trouvé cet entre-deux, à faire de la musique, de gros concerts, sans pour autant ne plus pouvoir se balader dans les rues incognito. Ça arrive mais c’est rare, on peut sortir d’un hôtel sans avoir des gens qui nous cris dessus. Si ça avait été le cas, je pense que j’aurais ressenti une forme d’amertume envers la musique. Donc je pense qu’en étant dans la 30aine, il est difficile de voir le monde, et la musique, avec un regard d’enfant, et c’est pourquoi en grandissant on a cette responsabilité pour préserver le plus longtemps possible ce regard d’enfant pour les plus jeunes. Malgré le fait que notre monde soit souvent vu comme horrible avec la guerre, l’économie qui se casse la gueule… Avec notre travail on a la chance de voir son bon côté, notamment en concert quand on voit une foule d’inconnus qui se rassemble dans le seul but d’être heureux et de profiter du moment.


RSTLSS : Merci beaucoup en tous cas pour cette interview ! Et retrouver la session acoustique exclusive qu’on a fait avec le groupe depuis le studio RSTLSS ! Ils ont joué « Mixed Emotion » et « Deep Cuts » de leur nouvel album TRUTH DECAY disponible le 10 février 2023, et « Take On The World » de leur album Night People sorti en 2017.

Le groupe sera en concert au Trabendo le 21 Février.