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Artiste emblématique de la musique progressive, tantôt comparé à Satriani ou Vai, cela fait maintenant plus de 10 ans que Plini envoûte et séduit des publics d’horizons variés, allant de la fusion au métal. Le guitariste virtuose sortait son dernier album An Unnameble Desire il y a à peine quelques semaines et s’adonne depuis à une tournée européenne qui l’amenait hier soir à allumer la voûte céleste du Trianon. Retour sur la date qu’il ne fallait absolument pas rater ce mois de Mai !

 

Il y a déjà une belle file d’attente bien installée devant le Trianon lorsque les portes ouvrent à 18h30. Une petite armée de fans fondent sur la scène de manière à être au plus près du guitariste australien le moment venu : « Je veux tout voir, c’est l’artiste qui a le plus influencé la manière dont j’écoute et je joue de la musique, je pouvais pas rater ça ! » me confie l’un d’entre eux. En une trentaine de minutes, les balcons et la fosse sont remplis et attendent l’entrée de la première partie.

C’était Sungazer, groupe de future jazz leadé par le talentueux bassiste Adam Neely, qui ouvrait le bal. Avec un tissu de polyrythmie, de groove intense, surélevé par les envolées de saxophone, les américains emportent la salle avec générosité. Avec humour, le groupe réalise avant son dernier morceau un “rituel” de fermeture de l’ordinateur sur lequel tournent métronome et arrangement, puis finit avec agilité par une reprise de Chick Corea : ‘Hymn of the Seventh Galaxy’ acclamé par la foule !

 

21h, la salle s’éteint à nouveau sous les ovations du public. Le sourire aux lèvres, Plini, rapidement rejoint par Jake Howsam Lowe, Simon Grove et Chris Allison, lance le riff d’ouverture de son dernier album, le morceau éponyme ‘An Unnameble Desire’. La salle est en extase, les yeux rivés sont sur le guitariste australien, les bouches sont bées, le temps est suspendu. Avec une simplicité et une complicité sur scène hors norme, le quatuor prend pleinement possession du Trianon et y installe une ambiance onirique.

Plini, lui aussi, a les yeux rivés sur la foule. Entre deux leads célestes, il scrute les spectateurs, le regard passionné, visiblement ému de voir le public parisien présent et exalté. Les australiens enchaînent avec ‘Cascade’, titre phare de l’album Handmade Cities, qui ne manque pas de lancer le mouvement dans la fosse. Là encore, la virtuosité de Plini est déconcertante et elle sera tout le long du set : les riffs polyrythmiques comme les solos les plus délicat sortent comme s’il exprimait de simples vers de poésie.

 

Les intéractions avec le public quant à elles sont nombreuses. Entre les morceaux, Plini s’approche du micro, sourit spontanément mais ne dit rien, la foule encourage mais rien ne sort de plus que le visage radieux du guitariste. Alors, avec malice, il propose “de ne plus faire de bruit et simplement de sourire” pendant quelques secondes. Le public s’exécute, et dans un éclat de rire partagé, le groupe lance ‘Ciel’ puis ‘Paper Moon’. Le show lumineux, coloré et intense, est aussi généreux que la setlist qui passe par les titres emblématiques des albums de l’autsralien. Avec ‘Impulse Voices’ et ‘I’ll Tell You Someday’ le groupe nous fait voyager dans les paysages surréalistes que Plini avait développés durant les confinements. Puis le superbe laisse place au chaos grandiose.

 

Avant de lancer ‘Manala’, titre beaucoup plus mordant de son dernier album, Plini voyant le public en ébullition fait séparer la fosse en deux. Le public parisien n’hésite pas une seconde et se lance dans un premier pogo, puis un second plus intense encore sur ‘Pan’ et son breakdown d’introduction ! L’énergie de la foule se mêle à l’agilité des quatres australiens, rendant le moment mémorable. Avec dextérité et souplesse, Jake Howsam Lowe dédouble les solos de Plini sur le morceau suivant, ‘Selenium Forest’, lui-même conclu par un solo de batterie incisif, où ruptures et vélocité s’entrelace.

 

Une dernière fois, Plini adresse son regard tendre à la foule dans un silence brisé par les ovations du public, puis remercie modestement le Trianon et ses musiciens avant de jouer les premières notes du morceau que tout le monde attendait ce soir : ‘Electric Sunrise’. Après avoir plongé le Trianon dans la nuit et les doux rêves qui l’accompagnent, les australiens font lever le soleil avec ce dernier titre aussi cinématique que chaleureux. L’instant est poignant, le public est transcendé, et on peut voir quelques larmes de joie couler sur certaines joues.

 

Par ses morceaux, son jeu si emblématique, ses moments de partages, son côté songeur, Plini nous a fait planer loin, très loin du quotidien. Les gens ne viennent pas simplement voir un virtuose, un génie, pour l’étudier et l’admirer, mais bien pour voyager au plus proche d’émotions essentielles : la joie et l’évasion.

Youenn Lerb pour RSTLSS
plus de photos : @youennlerb

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