Alors que le Vexin débute son été paisiblement, un événement vient depuis 5 ans ensorceler la cour du vieux château de Gisors trois jours durant. Le Kave Fest, le joyaux des petits et moyens festivals d’Ile de France et alentours fêtait ses 10 ans d’existence le week end dernier. Vous en entendez parler mais hésitez à venir ? Restez avec nous, on vous replonge dans cette édition flamboyante !
Robin Mariat (Resolve) – ©youennlerb
C’est dans un jardin de Chatou que le Kave Fest voit le jour. Un petit groupe d’ami qui se surnomme la Kave, relativement à l’endroit où ils passent leur temps ensemble, se lance dans un projet téméraire : monter un festival derrière la maison des parents du fondateur Sélim Hadriche. Petit à petit, le groupe s’agrandit, les amis des amis se joignent au petit projet, les groupes programmés sont plus nombreux, leur notoriété grimpe, si bien que le jardin devient trop petit et qu’il faut le quitter en 2019 pour plus grand.
La Kave trouve refuge au pied du château de Gisors dans l’Eure, en plein cœur du Vexin. D’éditions en éditions, la direction artistique du festival se renforce, des noms de plus en plus gros affluent, le Kave Krew (l’équipe bénévoles) et le dispositif s’agrandit de manière significative. 2025 avait été couronnée de succès, 2026 est un triomphe absolu : 6000 festivaliers se sont déplacés pour profiter des 24 concerts du week-end, allant du metalcore le plus viscéral à la musique folklorique la plus envoûtante et au black métal contemplatif.
Le Kave Krew 2026 – ©youennlerb
Tout commence par un trajet en train, départ de la capitale Gare Saint-Lazare, à peine une petite heure sur la ligne J sépare Paris de Gisors et de son château ! Si en arrivant à la gare, rien ne semble indiquer qu’un festival de métal se déroule en ville, le public qui descend du train met une ambiance légère et agréable. En arrivant au rempart du château, on comprend de suite l’intérêt du lieu : la cour est séparée en une première longue terrasse attribuée à un village de stand d’artisans, d’artistes et de partenaires, au bout de laquelle on trouve une première scène, la Bassekour, à la programmation folklorique ; de l’autre côté, la mainstage se dresse cette année face au donjon, dos aux murailles. La cadre est magique.
Côté artiste, le Kave Fest peut se vanter d’avoir une programmation assez large et grand public pour un festival spécialisé avec plus d’une quinzaine d’étiquettes sur son affiche. La scène francophone est elle aussi très bien représentée avec deux tiers des groupes programmés originaires de l’hexagone. Enfin, on observe que le festival tend à programmer des groupes dans lesquels jouent des musiciennes avec par exemple Sex Shop Mushrooms, Sun ou Sowulo, une direction qu’il faudra maintenir pour les années à venir !
Giulia Vinciguerra (Sex Shop Mushrooms) – ©youennlerb
Le vendredi s’entame donc avec le passage survitaminé de Monnekÿn. Un set puissant aux touches Deftones, mené par les prestations solides de Louis Emrys et Gubs, qui a su chauffer à blanc le public ! Plus tard dans la journée, c’est Calva Louise qui nous a fait hocher la tête : morceaux aux structures addictives, voix parmi les plus emblématiques du week-end et un passage dédié aux victimes actuelles du séisme au Venezuela. Enfin, la légende Skindred a embrasé la cour du château à la tombée de la nuit, faisant chanter, sauter, mosher le public sur ses titres metal alternatif aux couleurs reggae et hip-hop !
Benji Webbe (Skindred) – ©youennlerb
Le samedi était beaucoup plus orienté hardcore et metal moderne malgré les passages mémorables de Sex Shop Mushrooms et mirabelle., respectivement dans le grunge et le pop-punk. On a pu retrouver Solitaris, Resolve et Ashen en milieu de journée pour mettre le feu à base de breakdowns metalcore mais ce n’est pas la seul fois que Clément Richard d’Ashen s’est rendu visible dans la journée : après avoir conclu le set de mirabelle., il se retrouve en featuring avec Rise Of The Northstar pour un ‘Back 2 Basics’ d’anthologie. D’ailleurs, les parisiens de ROTNS ont livré une prestation XXL accompagnant leur show d’effets comme des canons à confettis en forme de pétales de cerisier. Toujours le sens du détail..!
Vithia (Rise Of The Northstar) – ©youennlerb
Dimanche était probablement la journée la plus éclectique avec en tête de liste le passage envoûtant des montpelliérains de Silhouette et leur post-black metal spleenétique. Loin des canons de la brutalité primale, le groupe nous a transporté un temps loin de Gisors et son château pour voyager dans les méandres de la mélancolie. Les passages de Blackbriar et Sowulo tendait vers les mêmes registres, alternant avec la férocité et la fureur d’Akiavel puis d’Equilibrium. Enfin, pour terminer, c’est les italiens de Lacuna Coil qui sont venu embraser une dernière fois le pit suivi par le show millimétré des français de Vestige : à la nuit complètement tombé, ce dernier live du week-end a été l’un des plus marquant, appuyé par un show lumière fin et hypnotique.
Silhouette – ©youennlerb
Musicalement, le week-end était donc chargé en monuments et en performances mémorables, mais les qualités du Kave Fest ne se limitent pas à show de la grande scène. Sur la bassekour, les performances d’arts de rue, de danses médiévales, de musiques folkloriques ont rendu les soirées magiques pour des festivaliers de tous âges. Au village, on ne compte pas le nombre d’artistes talentueux qui étaient présents : Eiwa, Théo Delbrel, Geobscura, le tattoo artist Loknir… La présence du stand Héritage Historique était un vrai plus, permettant aux festivaliers de s’adonner aux duels épée bouclier ou à la souques à la corde dans une ambiance bon enfant !
Cristina Scabbia (Lacuna Coil) – ©youennlerb
Cette année, le Kave Fest a montré sa volonté de percer le plafond de verre pour passer au stade de grand festival spécialisé marquant tout en maintenant son ambiance familiale et proche de son public ! Avec une équipe bénévole très soudée et à l’écoute, une programmation ouverte, intègre et qualitative, et un ensemble d’activités alternatives proposées, une logistique qui s’améliore d’année en année, le Kave Fest sera indéniablement le grand festival métal dont la Normandie a besoin !
Youenn Lerb pour RSTLSS
plus de photos : @youennlerb
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